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GLM C-TP-T- (Camions-TP-Train)

Où il est question de vieux véhicules utilitaires et de rouille !

Le T-60 : faute de grive...

Publié le 27 Février 2019 par GLM in Histoire, Militaire

Dessin d'un T-60 de début de production avec ses galets à rayons.

Dessin d'un T-60 de début de production avec ses galets à rayons.

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La genèse

 

En 1941 apparu dans les effectifs de l’Armée Rouge le char T-60, destiné à remplacer le T-40, un char léger amphibie désormais obsolète. Le T-40 s’était signalé par un blindage trop faible, et le T-60 devait résoudre ce problème. Les premiers mois de l’opération Barbarossa avait montré que les capacités amphibies et la grande mobilité n’étaient pas des conditions suffisantes à la victoire. On étudia donc un nouveau char léger, plus moderne, le T-50. Mais rapidement, il apparu qu’il était trop compliqué à fabriquer pour l’industrie soviétique. On opta donc pour le T60. L’engin fut développé en très peu de temps (une semaine dit-on !) par l’ingénieur Bogachev à partir d’un châssis de T-40. Comme le nouveau modèle ne serait pas amphibie, on conçu une caisse plus petite.

 

Le prototype était équipé d’une mitrailleuse, mais Malyshev, un émissaire de Staline exigea que fût montée une arme plus puissante. On envisagea une pièce de 37mm, un 45 mm, mais le temps pressait et on choisit une autre arme. Un dénommé Shpital, spécialiste en armement adapta un canon de 20 mm ShVAK20, pièce originellement destinée à la DCA. Ce canon, avec une munition perforante incendiaire avait la même force de pénétration que le 37mm. Il fut logé dans une tourelle octogonale en place d’acier de 25mm. De quoi être tranquille et bien protégé des armes légères. Autrement dit, si le T-60 trouvait un char sur sa route, l’équipage pouvait prier pour qu’il s’agisse d’un Panzer I. Sinon… Un simple Pak38 n’en faisait qu’une bouchée et ne parlons pas du Pak50 ! La caisse et la tourelle n’était pas en acier moulé comme certains chars lourds, mais corroyé.

 

Le moteur était un Gaz 202 de 71 ch, que l’on considérait suffisant pour mouvoir les 5,8 tonnes du char. Il était monté sur la droite du véhicule, la tourelle étant déportée vers la gauche. Le pilote se trouvait à l’avant, au centre. Une commande de 1000 exemplaires fut effectuée dès le jour de sa présentation, preuve de l’urgence. Entre le 15 septembre et le 9 octobre 1941, date de son évacuation vers l’Est, l’usine n°37 en livra 245. Au cours du mois d’octobre on dut faire face à la pénurie de moteurs et Malyshev ordonna que fut monté tout moteur disponible. Les sous traitants ont souvent eu de la peine à fournir en temps et en heure les commandes.

 

Le char, nous le verrons plus loin, était loin d’être parfait et on chercha rapidement à réduire ses nombreuses tares. Dès le 16 novembre 1941 le projet d’amélioration fut acté par des représentants de Gaz et GABTU. A la fin de 1941 apparut donc le T-60A, équipé de roues pleines et d’un blindage renforcé de 25 à 35 mm. Il reçut également un moteur plus puissant, un Gaz 303. Des essais conduits à l’usine Octobre Rouge montraient que le char résistait à un obus Pak38 tiré à 650 m.

En mars 1942 de nouveaux silencieux sont installés sur le moteur.

En usine où les femmes mettent la main à la pâte pour palier l'absence des hommes partis au front

En usine où les femmes mettent la main à la pâte pour palier l'absence des hommes partis au front

 Les caractéristiques

 

Spécifications :

Blindage mini : 7 mm

Blindage maxi : 25 mm (T-60), 35 mm (T-60A)

Masse : 5,8 t (T-60), 6,4 t (T-60A)

Moteur : Gaz 202 6 cylindres essence refroidi par eau de 71 ch à 2800 tr/m (T-60)

               Gaz 303 de 85 ch à 3600 tr/m (T-60A)

Boite de vitesse : 4 rapports avant, 1 arrière

Réservoir de carburant : 320 l

Longueur, largeur et hauteur : 4 m 10, 2 m 30, 1,74 m

Garde au sol : 30 cm

Vitesse sur route : 45 km/h

Autonomie : 450 km sur route et 250-300 km en tout terrain

Pente franchissable : 29°

Gué : 90 cm

Coupure franche : 1,7 m

Obstacle vertical : 0,60

Armement principal : 1 canon 20 mm TNsh-20 avec 780 coups. Gisement -10 à +40

Armement secondaire : 1 mitrailleuse DT 7,62 mm coaxiale avec 945 coups. Gisement -10 à +40

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Le T-60A vu de face, on note la tourelle déportée et la mitrailleuse coaxiale

Le T-60A vu de face, on note la tourelle déportée et la mitrailleuse coaxiale

Le T-60 en campagne

 

Les T-60 furent livrés à des unités de reconnaissance ou de soutien d’infanterie. Les soviétiques ne purent que constater les défauts critiques du char. Il avait une puissance de feu limitée, et son blindage ne le protégeait que des armes légères. De plus, il ne pouvait compenser ces manques par la mobilité, son moteur n’étant guère vaillant. Le T-60 se révélait incapable de suivre un T-34 en tout terrain. Ajoutons enfin que l’équipage ne comportait que deux hommes et le chef de char devait aussi être tireur et chargeur, gérer la radio : un surplus de travail néfaste que connurent aussi les équipages de chars français contemporains ! Bien que conscients de ces limites, les russes maintinrent pourtant sa production. En effet, il était aisé à produire, même par des petites usines, certains de ses composants et notamment son moteur étaient issus de pièces de camion et on put grâce à lui équiper des unités qui sans ça n’auraient tout simplement pas eu de char ! Faute de grive…

 

Il fut donc engagé en particulier dans la bataille de Moscou et à Stalingrad où il participa à briser l’encerclement de la ville en 1943, sa légèreté lui permettant de circuler sur les eaux gelées de la rivière Neva. Bientôt, le char fut remplacé par le T-70 qui sans être une réussite, était tout de même bien meilleur. Le T-60 fut donc cantonné dans des tâches subalternes, au fur et à mesure de la livraison des T-70. Certains furent équipés de lances roquettes multiples, de canons antiaériens et d’autres transformés en tracteurs d’artillerie ou équipés d’un canon de 57 mm antichar.

Un T-60A dans la cours de l'usine en février 1942

Un T-60A dans la cours de l'usine en février 1942

Le TACAM T-60 roumain

L'armée roumaine était mal équipée et son allié l'Allemagne n'était pas en mesure de lui fournir des chars. En 1943, 34 exemplaires de T-60 pris par la Roumanie furent transformés aux ateliers Léonida en chasseurs de char TACAM T-60 ou Tun Anticar pe Afet Mobil T-60 (canon antichar mobile). Equipés de plaques de blindage récupérées sur des chars BT-7 et d’un canon de 76,2 mm de fabrication soviétique également avec 44 obus. Les pièces du moteur étaient faciles à trouver car le moteur Gaz était un Dodge fabriqué sous licence. La suspension fut renforcée et les galets remplacés pour un modèle plus solide. Un système de frein bloquait ces derniers pendant le tir pour garantir une meilleure stabilité. Les chars étaient tous livrés fin 1943 et servirent dans le 1er régiment de chars. Quand l’Armée Rouge envahit la Roumanie, elle confisqua les TACAM T-60 qui étaient tous encore en service en octobre 1944 !

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Le TACAM T-60 roumain avec son 76,2 mm en casemate.

Le TACAM T-60 roumain avec son 76,2 mm en casemate.

Épilogue

La production du T-60 s’éteignit en juillet 1942, les derniers sont livrés sans tourelle car ils devaient recevoir des lances roquettes M8 Katioucha. Le T-60 s’effaça au profit du T-70 après 6022 exemplaires produits. Les derniers furent retirés du service en 1946. Quelques exemplaires furent reversés à l’armée Polonaise en 1945 pour l’instruction dans les écoles militaires.

 

 

Le lance roquette nommé BM-8-24

Le lance roquette nommé BM-8-24

Un exemplaire conservé à Kubinka. L'un des galets a été changé pour un modèle de T-60A

Un exemplaire conservé à Kubinka. L'un des galets a été changé pour un modèle de T-60A

Un "beute T-60" capturé par les allemands qui ne firent pas la fine bouche comme avec le Mathilda I anglais à moteur Ford à la fiabilité mauvaise.

Un "beute T-60" capturé par les allemands qui ne firent pas la fine bouche comme avec le Mathilda I anglais à moteur Ford à la fiabilité mauvaise.

Le T-60 : faute de grive...
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