La genèse
Bien qu’étant un franc succès militaire, l’invasion Pologne en 1939 mit en évidence un certain nombre de faiblesses dans les tactiques et le matériel allemand. Faiblesses qu’il convenait de corriger avant de s’attaquer à des ennemis plus coriaces. Ainsi, la « blitzkrieg » rendait la tâche ardue aux unités d’artillerie employant les pièces les plus lourdes. Rester au contact des panzers galopant était une gageure. Le problème concernait notamment l’obusier lourd schwere Infanterie Geschütz 33 ou s.I.G 33 de 15 cm.
Pour permettre à l’artillerie de « suivre le mouvement », on eut donc l’idée de placer un obusier sur un châssis de Panzer I ausf B (sd Kfz 101) produit notamment par Daimler Benz, Henschel, Krupp ou Man.
36 exemplaires sont commandés en février 1940. C’est une filiale de Rheinmetall-Borsig, la firme Alkett qui est chargée de la transformation des Panzer I.
Les caractéristiques
L’obusier est simplement posé sur le char. Il est arrimé en trois points. Au niveau des roues de la pièce qui se placent dans des logements et au niveau de l’anneau de remorquage. Le canon peut donc facilement être changé, ou récupéré si le char est défaillant. Le blindage du char, d’une épaisseur de 13 mm est complété par des plaques de 4 mm qui forment la casemate. Les deux plaques latérales peuvent pivoter pour permettre le chargement des munitions.
Celles-ci sont non encartouchées et il faut donc charger le projectile puis la charge propulsive. Deux versions existent : une à charge creuse (IG.Gr.39HI./A), l’autre explosive (IG.Gr.38). Seules 3 munitions peuvent être emmenées sur le char, dans des paniers en osier placés à l’arrière des garde-boue latéraux. En dépit d’une faible vitesse initiale (240 m/s) l’obus explosif est apprécié (par ceux qui l’utilisent, pas ceux qui le reçoivent !) en raison de son haut pouvoir détonant. Si la distance théorique est de 4650 m, en pratique, la zone de tir idéale se situe entre 1200 et 1600 m. Son explosion à une vingtaine de mètres du sol après ricochet est dévastatrice pour l’infanterie. La charge creuse a une vitesse plus élevée (280 m/s) bien qu’utilisant la même charge propulsive. Elle perce 160 mm de blindage à 100 m.
L’automoteur présente les caractéristiques suivantes :
Poids : 8500 kg.
Longueur totale hors tout : 4,42 m.
Largeur totale hors tout : 2,68 m.
Hauteur totale hors tout : 3,35 m.
Garde au sol : 29,5 cm.
Déclivité : 30°
Passage de gué : 1,40 m.
Vitesse maxi : 40 km/h
Motorisation : Maybach 6 cylindres offrant 100 ch à 3000 tr/min.
Autonomie : 170 km sur route, 115 km en tout terrain.
Capacité des réservoirs : 146 l.
Armement principal : s.I.G 33 de 15 cm.
Pointage : 5,5° à droite et à gauche en azimut et -4 à +75° en site.
Optique de pointage graduée jusqu’à 4700 m.
Armement secondaire : 2 MP 38/40 de 9 mm avec 383 coups.
Un Bison croise un Kv2 durant l'opération Barbarossa : c'est un duel au sommet vue la hauteur des chars !
En campagne
Ces engins sont organisés en 6 compagnies composées de 3 sections. Chacune reçoit deux Bisons et 4 tracteurs Demag Sd.Kfz.10 qui sont utilisés pour acheminer les munitions supplémentaires. Le Demag pouvait aussi prendre en charge la pièce si le char venait à être endommagé. L’équipage d’un Bison se compose de 5 hommes : un conducteur, un chef de pièce, un pointeur et deux chargeurs. Ces deux derniers sont transportés dans le tracteur, car l’exiguïté du char ne permet pas d’emporter plus de 3 personnes !
Chacune des six divisions est affectée à une Panzer Division. Les Bisons seront utilisés durant la campagne de France et pour l’opération Barbarossa.
S’ils marqueront les esprits par leur capacité de destruction (un engin pouvant détruire une maison entière d’un seul coup), les Bison n’étaient pas dénués de défauts.
Ainsi, la protection offerte par le blindage était toute relative. Il est vrai que ce type d’engin n’est le plus souvent pas utilisé en première ligne, mais mieux valait ne pas croiser un avion ou un char ennemi ! Par ailleurs, sa grande hauteur ne rendait instable en dévers et ne facilitait pas son camouflage. Ajoutons à cela les faiblesses inhérentes au Panzer I, déjà démodé en 1939, la faible puissance et l’emport de munitions ridicules, la cadence de tir assez faible (3-4 coups par minutes) et on comprendra que le Bison, en dépit d’une certaine efficacité, n’était pas l’arme absolue.
Épilogue
Le 30 juin 1943 deux de ces petits automoteurs figurent encore à l’inventaire sur le front de l’Est. L'obusier s.I.G 33 fut également monté sur un châssis de Panzer II, pour créer un automoteur à la silhouette plus basse.
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