En 1952, Somua (Société d'Outillage Mécanique et d'Usinage d'Artillerie) présente le MTP, un camion dédié aux usages sévères en carrière. A l'époque, seul Willème avec son tombereau TE15 propose un véhicule comparable. Désireux d'investir ce créneau délaissé, Somua utilise un chassis de JL17-50 dûment renforcé avec une section de 12mm d'épaisseur. La transmission provient du même véhicule et le moteur est un 6 cylindres D615H licence Lanova, d'origine Panhard. D'une cylindrée de 9,348 cm3, il fournit une puissance, estimable à l'époque, de 150 ch.
Pour se distinguer du Willème, Somua met l'accent sur la suspension (inexistante sur le premier), avec des lames de ressort et des blocs de caoutchouc, permettant d'améliorer le confort et de préserver la mécanique. La cabine est conçue pour supporter les affres du travail de carrière. Elle repose aussi sur des silentblocs. L'essieu avant est moulé en une seule pièce pour favoriser la solidité. De fait, le MTP peut circuler sur route ouverte comme n'importe quel camion, ce que ne peut faire le Willème qui est par ailleurs un peu plus gros.
Le MTP est un camion 4x2 de 10 tonnes de capacité. La même année est présenté le MTPV, version 6x4 de 15 tonnes.
Endurants, ces camions souffrent cependant d'une charge utile jugée trop faible par les utilisateurs. En cette après guerre, ils entrent en concurrence avec d'inombrables véhicules issus des surplus de l'armée : GMC, Diamond, Mack, Diamond T, White... offrant une capacité proche et surtout un prix d'achat beaucoup plus faible.
Conscient de ces défauts, Somua réagit et monte des pneus plus gros ainsi qu'un pont arrière renforcé pour augmenter la charge utile. En 1955, le MTP devient MTP3 (12 tonnes de C.U) et le MTPV selon la même logique MTPV3 (18 tonnes de C.U).
Afin de s'ouvrir à de nouveaux marchés, Somua décline ces camions en tracteurs. Las, les ventes resteront confidentielles et Willème ne sera guère inquiété. Il faut dire que les commerciaux de Somua avaient peu d'entregent dans le domaine des travaux publics ; difficile de convaincre dans ces conditions.
En 1956, suite aux accords entre Renault, Somua et Latil, ces camions prennent le nom de Saviem. La nouvelle direction ne croit plus en eux et s'oriente vers les modèles routiers moyens. L'apparition des GBO/TBO, plus puissants, plus modernes leur porte le coup de grâce et en 1960, ils disparaîssent du catalogue.
/image%2F0389898%2F20171222%2Fob_6d7a42_bouteur-lourd-en-montagne-1.jpg)